Au rayon "mercerie", toujours

Publié le par anima

Au rayon "mercerie", toujours

Les animateurs sont de grands enfants, légèrement bloqués à un stade primaire de l'évolution, assumant par ailleurs un sérieux penchant pour le masochisme.
S'ajoute à ces déviances, l'angoisse de ne jamais exister dans la masse hétérogène de productions animées qui s'invitent sur les écrans à un rythme toujours plus intense.
C'est pourquoi une grande majorité des praticiens de cette disciple s'estiment condamnés à repousser sans cesse les limites de la créativité esthétique en s'appuyant sur des usages toujours plus improbables de matériaux insolites. Une démarche légèrement fallacieuse - elle vise avant tout à "faire le buzz" - par laquelle il s'agirait de contester le formatage des images numériquement fabriquées. Soit.

Voici un nouvel exemple du paradoxe de cette "animation faussement régressive" avec ce vidéo-clip réalisé par Nathan Johnson (accessoirement compositeur d'excellentes musiques de films) pour son fidèle collaborateur Son Lux. Le film, "Change Is Everything", combine la technique de rotoscopie (basée sur des prises de vues photographiques d'acteurs ou d'images de synthèse) et la captation image-par-image d'objets en volume (stop motion), ici des fils tendus entre des épingles. La prouesse physique est remarquable, certes, mais c'est tout ce qui restera dans quelques semaines de ce court métrage résolument formaté, pour le coup, à la durée d'une pop-song illustrée en images pour s'inscrire docilement dans les cases des diffuseurs de musique conformistes, France Inter en tête.

> visionner Change Is Everything
> ne pas visionner son making of

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