Image, image (bis)

Publié le par anima

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©  Anthony Cerniello - Tous droits réservés


Le réalisateur indépendant nord-américain Anthony Cerniello vient de rendre public son dernier court métrage expérimental intitulé Danielle. Grâce à un remarquable trucage numérique des photographies de Keith Sirchio, ce film nous montre le fantasme de nombreux artistes de pouvoir visionner les effets de l'âge sur le visage d'un être humain à l'échelle d'une vie entière et ce en quelques minutes. Pour le coup, le travail de Cerniello est une réussite absolue car il parvient à produire le malaise inhérent au constat de l'inéluctabilité de la dégradation des cellules vivantes dans ce qu'elle a de magnifique.

Si je prends le temps de m'attarder sur ce film qui exploite et repousse encore un peu plus les limites de la technique de captation image-par-image, c'est qu'il me renvoie instantanément à la nouvelle publiée en 1981 par le cinéaste d'animation Jean-François Laguionie (Editions Léon Faure), intitulée "Image, image". Ce dernier y racontait le décès d'un certain Maurice Longuet, auteur d'un court métrage d'animation de 20 mn composé de 25 550 portraits de lui-même photographiés quotidiennement sur une période de 72 années. "Jamais le trajet de la vie à la mort ne m'était apparu si court et si limpide." écrivait Laguionie.
Certes, Cerniello a le bon goût de nous épargner la naissance et la fin de vie de son sujet féminin, mais son "trajet" visuel, de l'enfance à la vieillesse en 4mn30 n'en est pas moins émouvant, déstabilisant et limpide.

 

> Visionner Danielle

> Le site d'Anthony Cerniello

> la version condensée sur le Tumblr de Davidope

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